Accueil Date de création : 01/10/08 Dernière mise à jour : 17/02/09 13:41 / 68 articles publiés
 

*013*  posté le samedi 08 novembre 2008 13:10

 

Cachés derrière une benne à ordure, ils aperçurent un spectacle étrange, dont aucun des deux n'arriva à saisir exactement le sens : un homme bien habillé, aux cheveux longs et emmêlés, semblait en train de bécoter le cou d'une jeune fille en jean ; mais celle ci, loin d'apprécier, se débattait faiblement, laissant échapper des cris de douleur. Elle s'effondra finalement sur le sol, soulevant un nuage de neige tachée de sang.

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*014*  posté le samedi 08 novembre 2008 13:10

Valhya se recroquevilla derrière la benne qui lui servait d'écran, et fit signe à Guillaume de l'imiter. Ils retinrent leur respiration, ne sachant si la situation était aussi grave que ce qu'il semblait. Finalement, l'homme aux cheveux bouclés quitta la ruelle, sans voir les deux jeunes étudiants toujours cachés derrière leur poubelle. Ils attendirent encore quelques instants et finirent par s'approcher de la jeune femme toujours étendue dans le cul de sac. Il ne leur fallut que quelques secondes pour se rendre compte qu'elle était bel et bien morte.

Ils se regardèrent, ébahis.

« Il faudrait peut-être appeler les secours, ou la police, non ? » Osa enfin déclarer Guillaume. Valhya acquiesça silencieusement. Le jeune homme s'exécuta, tandis que sa compagne était allé prévenir ses amis qu'elle ne rentrerait pas avec eux, sans entrer dans les détails. Convaincus que Valhya avait décidé de se réconcilier avec son ex petit ami, ils ne posèrent aucun question et rentrèrent chez eux. Lorsque la jeune fille revint dans la ruelle, Guillaume tremblait encore.

« On a eu de la chance qu'il ne nous voit pas, pas vrai, Val ?- Oui... mais j'aurai pourtant juré...
- Quoi ?
- Je ne sais pas, je croyais l'avoir vu se retourner en partant. J'ai du rêver. »

Guillaume eût un petit rire nerveux ; il tenta vainement de relancer la conversation, mais son amie restait muette, plongée dans ses pensées. Une jeune femme en bonne santé, près du centre Pompidou... Une coïncidence ? Elle frissonna en se disant qu'elle avait été près d'y passer, elle aussi.

La police arriva peu de temps après ; un agent vérifia leur identité, releva leurs adresses, et leur proposa de passer au commissariat le lendemain, à tête reposée. Valhya refusa, expliquant qu'elle voulait se débarrasser au plus vite de cette sinistre affaire. L'agent comprit, et lui fit signer une déposition, tout en ajoutant que c'était plus « pour la forme » qu'autre chose, la police étant persuadée d'être encore une fois confrontée au même meurtrier – ou groupe de meurtrier – qui ne devait sûrement pas compter de jeune femme comme elle dans ses rangs.

Quand on la laissa enfin repartir, il était plus de deux heures du matin.

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*015*  posté le mardi 09 décembre 2008 10:09

Le froid était plus mordant encore que dans la soirée, et Valhya fut heureuse d'apercevoir enfin l'arrière cour de son immeuble. Elle y pénétra, poussa la porte qui donnait sur un hall chaleureux empli d'escaliers et de boites aux lettres. Elle grimpa une volée de marches, jusqu'au dernier étage avant les chambres de bonnes ; un escalier en spirale prenait alors la place des spacieux ascenseurs des étages inférieurs, permettant d'accéder à une demi douzaine de chambres d'étudiants donnant sur les toits.

Délaissant ces habitations de fortune, elle glissa une clé dans la serrure de sa porte et entra sans faire de bruit dans le salon plongé dans une rassurante obscurité. Les lourds rideaux de tissu cramoisis étaient tirés devant les baies vitrées, occultant la blanche lueur qui émanait de la neige à toute heure de la journée.

 


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Elle monta dans sa chambre le plus silencieusement afin de ne pas réveiller ses colocataires déjà assoupis dans leurs chambres respectives, envoya valser ses bottines sous son lit, et enfila un large pyjama avant de se diriger vers la salle de bain commune. Sa toilette terminée, elle allait enfin se glisser dans son lit quand un gloussement perturba le silence de la maison ; Valhya resta un instant en arrêt, tentant d'identifier la provenance de ce bruit. Un nouveau son, ressemblant davantage au bruit d'un objet lourd traîné sur le sol résonna à l'étage. Les chambres de bonne. Celle qui se trouvait au dessus de l'appartement des Cedurna était occupée par une étudiante de la promotion de Valhya, une pimbêche hautaine du nom de Xisca. Sûrement occupée à s'envoyer en l'air avec un quelconque type ramené de boite.

La jeune femme souleva sa couette et se laissa tomber sur son matelas, glissant ses pieds entre les draps encore froids de sa couche. Mais un cri retentit soudainement dans la nuit, un cri inhumain, plein de douleur et de surprise. Valhya sursauta, sentant venir en elle les prémices d'une panique justifiée. Avec l'agression dont elle avait été témoin, elle commençait à devenir franchement paranoïaque.


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*016*  posté le mardi 09 décembre 2008 10:09



Elle se releva, dédaigna ses chaussons et sortit dans le couloir pour voir si le bruit avait réveillé ses colocataires. Mais ils semblaient dormir à point fermés, nullement perturbés par le cri – il est vrai fortement étouffé – de leur voisine du dessus. Valhya se mordilla le bout des doigts, se demandant ce qu'il convenait de faire. Elle aurait l'air malin, si elle déboulait dans la chambre du dessus, armée d'une lampe de chevet ou de toute autre arme improvisée dont elle se serait munie avant, s'il s'avérait que sa première théorie ait été la bonne.

Mais la détresse du cri entendu quelques dizaine de secondes auparavant revint aux oreilles de la jeune femme qui décida de courir le risque de paraître ridicule. Elle sortit sur le perron et escalada les quelques marches qui la séparait de la porte de Xisca. Elle était entrouverte, et laissait s'échapper un rai de lumière jaune devant laquelle dansaient deux sombres silhouettes. Valhya fronça les sourcils, regrettant soudain de n'avoir pas écouté son instinct et de se retrouver maintenant en pyjama, seule devant une porte qui aurait dû être fermée, avec deux hommes dont les voix résonnaient à ses oreilles dans la pièce à coté d'elle.

 

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*017*  posté le mardi 09 décembre 2008 10:09


« Arrête de délirer, ma vieille, s'admonesta-t-elle silencieusement. Elle reçoit sûrement des amis. »

Mais le doute subsistait. « Tu n'as qu'à jeter un oeil par la porte, tu verras qu'ils sont juste en train de papoter autour d'un verre et que le cri que tu as entendu n'était dû qu'à une petite araignée, et tu pourras retourner te coucher, s'encouragea-t-elle ». Elle s'approcha silencieusement de la fente d'où s'échappait la lumière et y colla son oeil, scrutant la pièce.

Deux hommes regardaient le sol ; l'un d'eux tournait complètement le dos à Valhya, et elle ne pouvait distinguer que ses longs cheveux bouclés et ses épaules dénudées. L'autre affichait un air mi-amusé, mi-désolé sur son visage émacié et mal rasé, entouré d'une tignasse emmêlée et à la propreté douteuse. Valhya ne les avait jamais vu auparavant – du moins, pas qu'elle s'en souvienne - mais connaissant les goûts de sa voisine en matière d'homme, elle doutait qu'elle les ait invités volontairement. Du moins, le plus crasseux des deux. Mais où pouvait bien se trouver Xisca ? Comme toutes les autres chambres de bonnes de l'immeuble, l'appartement de la jeune femme ne comptait qu'une pièce, et elle aurait quand même fait plus de bruit que cela si elle s'y était trouvée. Elle poussa silencieusement le panneau de bois qui la séparait des deux hommes, afin de pouvoir observer davantage l'intérieur de la pièce.


 


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Son regard se posa alors sur une forme sombre affalée entre les deux hommes ; elle écarquilla les yeux d'horreur et plaqua sa main sur sa bouche pour étouffer un cri.


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